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11 avril 2005, Caen (14), festival Caen chantes-tu ?

vendredi 9 octobre 2009, par Lyonic

Les Elles ont joué sous chapiteau, lors du festival Caen chantes-tu ?.

Impression de concert de Tonton Matt :

Un chapiteau. Des poteaux partout, disposés en cercle, qui montent diagonalement vers un couvercle bleu dur strié, comme un ciel nocturne à dix voies lactées concentriques. Des tables branlantes sont prises d’assaut tout autour de la scène, qui se trouve, telle la piste d’un cirque, au centre du campement festif. Des coussins sont posés par terre dans la couronne délimitée par les tables et la scène. Une table rouge dont la peinture s’efface par endroits, parsemée de rayures qui parfois se croisent, s’offre à moi. De temps en temps, je pose mon coude sur ces altérations causées par un usage dont je ne sais rien, et ma tête sur ma main, mimant un état mi-blasé, mi-somnolent, en attendant que le concert commence. Et il ne commence pas. 45 minutes d’attente pendant lesquelles je laisse mon regard se balader tantôt sur la toile qui nous entoure, me demandant quelle espèce d’araignée génétiquement modifiée avait bien pu la tisser, tantôt sur le public qui entoure la scène : des gens qui attendent, comme moi, qui sont seuls, ou plusieurs, jeunes, vieux, parfois laids, rarement beaux, souvent quelconques. A force d’attendre, je me perds dans mes songes, jusqu’à me demander si je suis vraiment là, si tout cela n’est pas que le décor d’un rêve, si tous ces gens existent vraiment. Pascaline Hervéet arrive enfin sur scène. Elle est toujours craquante, avec son corps de nymphe et ses allures de lutine au sourire malicieux. Elle entonne une première comptine, puis laisse place aux déjantés farfelus de Pusse, qu’elle rejoindra de nouveau sur scène à plusieurs reprises. L’inattendu bizarre se mêle alors au surréalisme improbable. Le chanteur fait le tour de la scène en mimant un pigeon, animal mi-poule, mi-rat, qui roucoule à l’encontre d’un public amusé. Ici, on mime une libellule, là, un éléphant de mer, plus loin, un gobi sauteur effervescent. Le tout en chantant, riant, criant. C’en est trop de choses incompréhensibles pour certains spectateurs qui, déroutés, quittent le chapiteau. Ceux qui restent semblent conquis, en témoignent les nombreux applaudissements qui ponctuent le piquant vertige de chaque morceau. L’étrange se glisse jusque dans la musique, où trombone ronfleur et banjo turbulent en open tuning sont rythmés par une batterie aux sons insolites. On sample la voix, on la déforme, et Pascaline revient et elle est toujours aussi belle. Puis, c’est le temps du rappel, réclamé avec ardeur par un public enthousiaste. Alors, on revient pour donner du chant stroboscopique à coups de poings dans le dos pour raconter l’histoire d’un cheval qui serait tellement bon en steak avec des spaghetti. Puis on chante Ich bin müde en l’honneur du pape, avant de disparaître, comme lui, de la scène d’un cirque.

Sources : http://tontonmatt.free.fr/caenchant...
http://www.zenith-caen.fr/fiche/cct...

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