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Interview de Pascaline Hervéet après le concert de Grenoble, le 22 octobre 2009

dimanche 1er novembre 2009, par Lyonic

Après le spectacle Joseph donné à Grenoble ce jeudi 22 octobre 2009, Pascaline a gentiment accepté de répondre à mes questions.

Lyonic : Tout d’abord, bravo pour ce spectacle surprenant, radicalement différent de ce qu’on a pu voir avant, tout en étant dans la lignée des autres concerts.

Pascaline : La différence, c’est surtout que c’est vraiment un spectacle, ce n’est pas un concert, et il n’y a qu’un personnage qu’on suit, alors que sur les concerts des Elles, c’est plutôt des petites histoires.

Il y a toujours eu des thématiques qui reviennent, et là le concept est poussé à son maximum...

Ouai...

Alors, qu’elle est l’origine de "Joseph" ?

En fait, il y a une bande dessinée qui s’appelle "Paulette", de Wolinski et Pichard, avec un personnage qui s’appelle Joseph, qui est un vieux bonhomme transformé en femme. J’ai commencé à écrire la chanson de Joseph d’après ce personnage, et le spectacle s’est construit autour. Je trouvais que ça touchait à plein de choses : l’ambigüité, sexuelle, mais aussi la solitude,... et ça m’a emmenée sur le chemin.

Vous l’avez bien creusé, ce personnage, parce que dans la bande dessinée, il est plutôt effacé.

Oui, ça a été un point de départ.

Les thèmes abordés dans vos chansons sont récurrents : la sexualité, l’ambigüité, la solitude, les gens bizarres... ça vous plait ?

Disons que oui, c’est plutôt ces gens-là qui m’intéressent, qui me touchent. Je trouve qu’il y a souvent une poésie chez ces gens aussi. Il y a quand même pas mal de chansons et d’histoires dans des endroits clos, des espèces de mondes à part, comme dans Pamela Peacemaker où c’est l’hôpital. On a monté un spectacle sur le cirque. Le monde de Joseph est aussi un univers où on ne sait pas où elle est : C’est cette chambre où elle voyage dedans. On n’est pas dans une réalité banale, il y a du quotidien là-dedans, mais c’est assez vague.

C’est très David Lynch...

Oui, j’adore !

L’idée du disque est venue après le spectacle ?

En fait, ça se passe toujours comme ça, sauf qu’il y a des logiques commerciales qui font qu’on doit sortir un album pour tourner le spectacle. Mais je commence toujours à travailler par la scène, c’est ce qui me fait rêver, c’est ce qui m’intéresse le plus. Et puis là, c’était vraiment un spectacle. Par contre, comme financièrement c’est un peu plus compliqué, on n’avait pas de maison de disques, ça a pris plus de temps. Mais c’est vrai que j’adorerai par exemple enregistrer un album live avec ce spectacle, parce que c’est vraiment là qu’il y a toute l’énergie nécessaire. Mais c’est un gros problème de tourner sans album, c’est presque impossible.

Il y a eu très peu de dates avant la sortie de l’album, ça s’est décanté après ?

Oui ça s’est décanté après. Mais c’est vrai que les gens sont très frileux, parce qu’ils ne savent pas où mettre le spectacle, c’est de la musique mais ce n’est pas un concert. En même temps, ils sont aussi très frileux dans le milieu du théâtre, parce que c’est une forme un peu particulière. L’esprit du spectacle fait un peu peur je pense. Heureusement qu’il y a des lieux un peu courageux et audacieux qui programment cette musique un peu particulière.

Dans cet album, vous avez changé beaucoup de choses par rapport aux cinq premiers, notamment la pochette.

La pochette a été une grande première. Annabelle Cocollos, avec qui on travaille depuis le début, a fait un visuel qui était super bien, qui pouvait coller au répertoire, mais pas au spectacle. Notamment parce qu’il avait un côté un peu enfantin et frais comme dans les autres visuels, et que ce spectacle est beaucoup plus sombre, plus mature. Et j’ai rencontré un dessinateur qui s’appelle Angelo Di Marco, qui faisait toutes les couvertures de Détective, le magasine de faits divers. Je lui ai raconté la chanson Chacal, et il a illustré cette chanson.

Son univers correspond parfaitement à celui de l’album. C’est aussi lui qui a dessiné l’intérieur de la pochette ?

Non, l’intérieur a été dessiné par Dorothée Lebrun, qui fait aussi la lumière du spectacle.

Concernant les personnages et les thèmes abordés, c’était auparavant davantage sur les enfants, les mondes un peu oniriques, sur des sujets plus terre-à-terre. Là on est plus dans le monde des adultes.

Je pense que je suis toujours aussi sensible, aussi passionnée par la poésie du monde des enfants, sauf que je vieillis. Je suis ravie d’avoir eu envie de faire ce spectacle maintenant, parce que je ne suis plus une femme-enfant. Je pense que c’est ça aussi qui a amené cet univers-là et que j’avais envie de proposer autre chose sur scène. Je suis aussi maman, et tout ça fait que je n’ai plus le même regard ni la même inspiration par rapport à ça.

Le fait d’avoir conservé le nom "les Elles", malgré que les anciens membres ne soient plus là, c’est un choix ?

En fait, je me suis posée beaucoup de questions par rapport à ça. Je revendique plutôt ce nom comme une identité artistique, puisque sur l’album Sophie Henry et Christine Lapouze ont joué. Et là je prépare un projet en groupe. Donc pour moi c’était absurde de trouver un autre nom, puis de revenir avec les Elles, surtout qu’on n’aime pas trop les changements en France. Dans le milieu artistique on les paye très cher ! C’était donc par simplicité, et puis je trouve que ce n’est pas une trahison, dans le sens où c’est dans la lignée, dans la logique du parcours des Elles. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas se retrouver sur scène ensemble à un autre moment.

Cette tournée comporte relativement peu de dates. La frilosité que montrent les salles à vous programmer vous pose vraiment problème ?

On doit en être à cinquante, ce qui n’est pas énorme. On paye cher la différence de Joseph... C’est dommage parce que le public est là à chaque fois, malgré le peu d’infos qu’il y a sur les Elles. Les gens qui connaissent les Elles depuis le début nous suivent...

Certaines régions de France se sentent oubliées.

Ce n’est pas de notre fait. Le tourneur se débat pour donner davantage ce spectacle. Mais on a des exigences qui ne sont pas habituelles dans le milieu de la musique. On a quatre heures de montage lumière, c’est énorme pour une scène de musique. En théâtre ce n’est rien, mais en musique c’est énorme, ça veut dire qu’on ne peut pas être en double plateau, ou difficilement. En festival c’est très compliqué. On a des demandes qui sont davantage celles d’une compagnie de théâtre que de rock.

Pourtant vous avez quand même fait des festivals ?

Oui, et c’est complètement paradoxal, parce que c’est compliqué d’avoir les conditions nécessaires au spectacle, mais quand on arrive à les avoir, ça se passe très bien avec le public.

Le tout c’est d’oser.

C’est ça, il faut que le producteur aie le courage !

On va parler un peu de vous maintenant. Quelle a été votre formation initiale ?

J’ai fait le show des variétés, ça a été un gros truc, à l’époque, c’était une école qui durait deux ans, avec du chant, de l’interprétation, de la danse, du piano, presque tout ! Avant, j’ai fait de la danse classique et du cirque. Après, je n’ai pas pris tellement de cours, mais je répète beaucoup. C’est là que je progresse.

Et vous avez commencé directement avec les Elles ?

Non, j’ai monté un spectacle avant, en sortant de l’école, mais je n’écrivais pas. C’était des chansons du répertoire francophone, plutôt réalistes, des chansons de Gainsbourg, Brigitte Bardot et tout ça. Mais j’ai commencé à écrire pour les Elles. Quand j’ai lancé les Elles, c’était avec mes premiers textes.

J’ai lu que vous faisiez un travail d’animatrice en milieu hospitalier ?

Oui, je fais ça en tant qu’artiste. Dans mon cahier des charges, je ne suis pas sensée "soigner" les gens, j’arrive en tant qu’artiste qui n’a rien à voir avec le milieu soignant. Quand ça marche, cela crée une confiance, une complicité, et ça ouvre plein de choses. J’adore... J’ai commencé il y a un an, avec des enfants, des adolescents et des jeunes adultes psychotiques et c’est magnifique. J’adore ce travail.

En fait, vous montez des spectacles avec eux ?

Il n’y a pas de présentation de rendu, parce que c’est très difficile pour ces gens-là de présenter quelque choses sur scène. Par contre on travaille à la fois sur l’écriture, le chant, l’interprétation, sur la fabrication d’instruments... Ça touche vraiment à tout ce sur quoi je travaille sur scène.

Alors c’est curieux, parce qu’en lisant ça, on aurait pu penser que l’album Pamela Peacemaker était tiré de cette expérience, alors que non, elle est venue bien après !

C’est ça. Mais j’ai toujours été très sensible à l’univers hospitalier, même si je ne le connaissais pas. Mais je pense qu’on n’est pas obligé de connaitre les choses pour les sentir. Je pense que c’est un peu comme un travail de comédienne. Quand j’écris sur une thématique, quand j’ai envie de parler de quelqu’un de particulier, je m’accroche vraiment à des sensations que je pourrais avoir si j’étais dans cet environnement, ou si j’étais avec cette souffrance. en fait je m’immerge toute seule. Quand on est sensible, quand on aime les gens, quand on aime la vie, ça ne me semble pas très compliqué d’imaginer les manques et les souffrances qu’on peut avoir dans ces moments là.

Ainsi les personnages de vos chansons sont sortis de votre propre imagination, et ne sont pas inspirés de personnages que vous avez rencontrés.

Pas du tout. Enfin si, il y a Simone sur le premier album. En fait, j’avais vu un reportage sur Simone, qui est un travesti prostitué à Paris et qui m’avait bouleversée. Complètement perdu, comme Joseph, dans sa sexualité, dans son image, dans ses rapports aux gens, dans tout en fait. Une détresse totale, et en même temps elle était magnifique.

Je trouve que votre niveau d’Italien s’est beaucoup amélioré, entre Roma et la Dolce Vita, mais pourquoi le chantez-vous en playback sur scène ?

Parce que ça me faisait rire de faire ça sur cette chanson un peu "variété". Et puis c’est aussi par rapport à tout ce trouble, ce vrai/pas vrai dans le spectacle, avec le fait qu’il n’y ait pas de musicien, qu’il n’y ait que des bandes son, que des fois ce ne soit que la voix acoustique. Ça m’amusait de ramener une autre dimension. C’est ma voix en playback, avec ma voix acoustique par dessus, et ça m’intéressait de travailler là dessus.

Vous vivez exclusivement de votre art ?

Oui, depuis le début, je n’ai jamais rien fait d’autre.

Vous produisez maintenant vos disques, faute d’avoir un producteur ?

En fait, ce qui s’est passé, c’est que j’ai été complètement déçue, découragée du milieu, des producteurs, de tous les gens qui mettent de l’argent dans des projets. C’est pareil pour le tourneur avec qui je travaillais, qui a lâché au moment où ça devenait un peu plus délicat à vendre. Donc ça a été un choix de produire cet album. Mais c’est compliqué, c’est épuisant et je n’aime pas ça. C’est vraiment une part du métier qui ne m’intéresse pas du tout. Mais je préfère ça que d’avoir tout à coup un budget délirant, comme ça s’est passé sur l’album Pamela Peacemaker. On a eu un gros budget de production, qui était, après réflexion, complètement démesuré par rapport au projet. Je me demande même si ça ne l’a pas desservi en fait. On a eu beaucoup de temps en studio, je ne sais pas si ça nous correspondait vraiment. Et après il n’y avait plus d’argent, ces gens là avaient tout mis dans la production, alors que finalement, la production ne représente qu’un quart de l’investissement qu’on doit avoir sur un projet. La promotion, ça coute une fortune, et c’est un travail de longue haleine pour des projets comme ceux des Elles. On ne fait pas de tubes, donc ça veut dire que s’il y a quelqu’un qui essaye de promouvoir le projet, il s’y met pendant un an, et ce ne sont pas des passages radio… Je trouvais tout ça incohérent, ce sont des gens qui ne connaissent pas bien le métier, qui sont très loin des réalités de l’artiste. Ce sont des gens qui ne m’intéressent pas tellement.

Même les petits labels ?

Non, je pense qu’il y a des gens très bien, comme Boucherie prod. Quand on était chez eux, ça se passait super bien, mais il n’y en a plus beaucoup comme eux. Il est vrai que je n’avais pas no plus l’envie de démarcher ou de chercher… Tout cet aspect là me fatigue un peu. En plus maintenant, je sais ce que je suis, je ne suis plus débutante, j’ai envie de continuer ce métier et je vais continuer coute que coute, avec ou sans ces personnes là. Je ne vais pas aller prouver ou justifier mon travail, ça ne m’intéresse pas.

Pour la promotion et la distribution du disque, ça se passe comment ?

Pour la distribution, il y a un distributeur qui s’appelle Anticraft, avec qui ça se passe moyennement bien. C’est compliqué, avec encore des problèmes d’argent. Pour l’instant, on n’a rien touché du tout sur les albums vendus.

Les disques sont assez difficiles à trouver, du moins chez les distributeurs.

Il y en a à la FNAC, mais je crois que c’est épuisé. Il devrait y en avoir à nouveau, car il y a des albums de pressés, au moins celui de Joseph. Normalement, en juin je pense, les autres ressortiront, un par un, pour le début de la tournée des Elles en groupe. Sur scène, il y aura un mélange de répertoire des cinq albums.

Vous restez fidèle au CD ?

S’il le faut, j’aimerai bien au moins pour les anciens albums, parce que je sais qu’il y a plein de gens qui aimeraient les avoir. Donc je pense les éditer en tirages assez limités, pour les vendre lors des concerts aux gens qui ont envie de les avoir.

Vous êtes allée au Japon, et ça n’a semble-t-il pas été une expérience très agréable…

En fait j’ai adoré le Japon, je suis tombée amoureuse de ce pays. Ce n’était pas désagréable, mais je ne m’y sentais pas à ma place. En fait je jouais dans des grands hôtels devant des hommes d’affaires japonais ou américains. Il y avait un truc un peu bizarre... C’était avant les Elles, et on me demandait d’être la petite chanteuse française, avec les chansons du répertoire, et pas les meilleures. Il fallait passer obligatoirement par la Mer, la Vie en rose, … les clichés français. Mais ça m’a permis de découvrir le Japon, donc ça c’était bien.

Vous avez imprégné quelques chansons de cette expérience ?

Et bien non en fait, ça n’a rien à voir... Mais je suis très attirée par ce pays, et puis je suis très sensible à tous ces paradoxes, à la folie, l’érotisme, l’esthétique,... Je trouve que c’est un pays fascinant, qui est très loin de nous. C’est tout le temps très extrême, c’est un mélange des extrêmes, et ça j’aime bien.

Vous êtes assez discrète dans les médias, c’est un choix ?

En fait on ne vient pas trop nous chercher... En même temps, on ne peut pas dire que j’adore ça. Mais c’est vrai qu’on n’a jamais été très médiatisées. Ce n’est pas la mode du moment, c’est vrai qu’on est en ce moment dans une chanson très consensuelle, très "faut pas faire de vague", assez mignonne. Nos chansons ne correspondent pas du tout...

Malgré quelques radios nationales par lesquelles on a pu vous découvrir au début.

Oui, mais ces radios là ont beaucoup changé. Tout ces médias, que ça soit en télé ou en radio, tiennent les mêmes propos : "c’est génial, mais on ne voit pas où on peut mettre ça..." Ça manque un peu de courage.

Est-ce que vous connaissez un peu vos fans ? Vous savez quel est votre public ?

En fait, je reconnais un peu maintenant. Les gens que je croise, les gens qui nous suivent, sont plutôt des gens très sensibles, qui sont curieux, qui vont chercher dans des lieux de spectacles. C’est un vrai public, ce sont des gens qui ne suivent pas ce qu’on leur dit d’écouter ou d’aller voir. C’est assez touchant, je suis très touchée. Je croise régulièrement des gens qui disent avoir tout vu, même le Love Love Circus, qui n’a presque pas tourné, je trouve ça incroyable ! C’est un beau cadeau.

Sinon, vous pourriez rejouer le Love Love Circus !

Ça va être compliqué parce que c’était une équipe où il y avait une danseuse, une trapéziste, un cavalier, c’était sous chapiteau,... enfin c’est assez lourd. Mais j’étais très déçue de ne pas tourner ce spectacle qu’on a donné environ dix fois.

Comment est-ce que vous composez vos chansons ? Vos personnages, vos musiques, vos ambiances forment un tout, cela donne l’impression de vivre la vie des personnages dont vous parlez. Comment vient la musique par rapport aux thèmes dont vous voulez parler ?

En fait, ça commence toujours par le texte, ensuite la mélodie, souvent j’ai aussi une rythmique. Après je travaille avec des musiciens qui harmonisent, moi je n’harmonise pas. Mais la musique raconte une histoire, elle n’est jamais loin du texte, ou alors, c’est clairement décalé et c’est un choix, elle est toujours directement dirigé sur le texte. Et comme je rêve déjà du spectacle quand j’écris, ça influe aussi sur la création musicale, dans la mélodie, parce qu’en écrivant la chanson, j’imagine comment j’arriverai à la raconter sur scène, tout ça est très imbriqué. Il n’y a pas d’étape, tout est lié. Je travaille pour la scène. A partir du moment où j’ai un thème, tout se mélange.

Vous arrivez à écrire, à chanter, à mettre en scène,... Comment arrivez vous à faire tout ça ?

J’adore ça, c’est quand même 80% de mon temps. C’est ce qui me fait vivre, ce qui m’excite, et je pense principalement à ça. Même si je vis d’autres choses dans ma vie, c’est toujours en relation avec le spectacle. Les relations fortes que j’ai sont surtout avec les gens avec qui je travaille. J’adore ce métier et les relations que ça crée.

Vous avez exploré tout les aspect du spectacle, de la chanson au théâtre. Est-ce que vous avez d’autres projets sur d’autres supports ? Vous avez parlé de cinéma dans des interviews.

Le cinéma j’aimerai beaucoup, mais il n’y a pas de concrétisation, et je n’en cherche pas du tout. Il y a aussi la danse, même si je ne suis pas danseuse. Le mouvement, le geste m’intéressent de plus en plus, je ne suis pas au bout de çà. J’aimerais bien aller plus loin là dedans.

Vous avez parlé à un moment de faire un album de reprises de chansons masculines...

Ah bon ? J’ai dû oublier cette idée. Mais c’est drôle, parce que j’en ai une nouvelle depuis ! J’avais envie de faire un album de reprises de chansons punks. J’avais oublié cette idée de chansons d’hommes, mais c’est vrai qu’il y a eu un moment où j’avais très envie de faire un album de reprises des chansons de Christophe, donc c’était peut-être ça. Mais c’est un truc que je garde toujours en tête.

On est toujours partant... C’est une des caractéristiques de votre public qui vous suit, peu importe les changements de direction.

Oui, les gens sont là. C’est pour ça que je suis très touchée. A la fois ça me touche, ça m’émeut, et en plus ça me rassure. Parce qu’on ne fait généralement pas confiance au spectateur. Les gens aiment les changements, ils sont sensibles à la recherche, et je trouve que c’est presque un devoir quand on est artiste de prendre des risques, d’essayer des choses, de se planter parfois. Il y a eu un moment où on aurait pu faire quinze albums pareils, ça marchait, mais ça ne m’intéresse pas du tout. C’est un devoir quand on est artiste et qu’on croise un public. Peu importe le nombre, ce qui est important c’est l’intensité de la relation. Ca devrait nous donner confiance, nous pousser à prendre des risques, à essayer des choses, pour avancer un petit peu. Par contre on le paye financièrement.

Vous n’avez jamais été tentée par l’écriture proprement dite, par des livres ?

Là j’ai un projet pour dans un an. Je commence à écrire une pièce, pour un metteur en scène qui me l’a demandée. C’est une compagnie qui s’appelle Brut de Béton, à Clermont-Ferrand. C’est un metteur en scène que je croise depuis très longtemps. On apprécie mutuellement notre travail mais on n’a jamais travaillé ensemble. Pour les livres, il y a un truc, mais ce n’est pas encore pour tout de suite. Peut-être dans quelques années, j’aimerai bien écrire des nouvelles.

On a aussi pu entendre un de vos morceaux dans le film "le Divorce" de James Ivory...

Alors ça je ne sais pas du tout pourquoi, ni comment. On a touché un peu d’argent, c’était pas énorme. Quand j’ai appris ça, je me suis dit "Han ! C’est génial, ça va nous sauver !" et puis en fait, non, c’était assez dérisoire. Mais si ça se trouve, c’était juste un assistant qui avait ça dans sa voiture, et il s’est dit tout à coup "tiens, on va mettre ça !" Mais on n’a pas eu plus de retombées que ça...

Merci pour cette interview...

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