LES ELLES
Accueil du site > HACKED BY SCORZ > La première fois de Sebika

La première fois de Sebika

jeudi 6 janvier 2011, par Lyonic

Hier soir, après une soirée "revival" où je m’amusais à fouiller dans mes souvenirs musicaux, les Elles en bonne position sur la liste… Un ami m’a rappelé que j’avais été à l’origine de sa rencontre avec le groupe. Je l’avais "initié" avec le titre Fée atomique. Un titre tout particulier pour moi puisqu’il a illustré tout un pan de ma vie. Epoque révolue, mais qui, quand je me la remémore, fait ressortir tout un tas de sentiments en vrac…

Souvenirs.
Au sortir du collège, j’ai voulu faire table rase sur le passé. Ces quatre années, les pires qu’il soit donné de vivre, m’ont poussée à vouloir partir. Le plus loin possible. A l’époque, totalement flippée de devoir suivre ma scolarité au lycée du coin, je cherchais un moyen d’y échapper à tout prix. C’est alors que me vint une lubie… C’est au CDI du collège que l’idée a germé (mon seul souvenir du CDI de toute ma scolarité… étonnant quand on connaît la suite). En flânant dans les possibilités d’orientation après le collège… se présentait la belle aubaine ! Une filière artistique spéciale dans un lycée éloigné. Dans la "grande ville" du coin, à soixante kilomètres de la maison. Une utopie à laquelle je ne croyais pas trente secondes… qui a finit par se réaliser. Dubitative, après deux mois d’été à me maudire, pensant que j’avais fait une énorme boulette et à stresser sur ce qui m’attendait à l’internat… le jour de la rentrée est arrivé… S’ensuivirent trois merveilleuses années. En première, je rencontrais un cercle d’amis très particuliers, un peu bohêmes… une catégorie de personnes que je n’étais pas du tout habituée à côtoyer. Des originaux, des babas, des artistes (ou pseudo-artistes, c’était le lycée, ne l’oublions pas !), bref… tout un monde qui me sortait diamétralement de mon milieu d’origine.
Je ne sais plus exactement à quel moment ma route a croisé celle des Elles. De leur musique en tous cas. Je me suis immédiatement reconnue dans cet univers. Un univers décalé, des paroles à la limite de la psychose, des airs envoûtants, une ambiance.
Cet univers m’a accompagnée plusieurs années. Je suis restée très attachée aux deux premiers albums. Pour moi, l’enchantement n’a pas pris avec les suivants… Tous ceux qui m’ont croisée à cette époque pourraient sûrement l’attester : je fredonnais sans cesse les airs des Elles… fascinée par cette folie doucereuse.

Lorsque j’écoute Les Elles aujourd’hui, c’est toute cette époque qui ressurgit en moi. Des doutes, des sentiments à fleur de peau… mais aussi des souvenirs humains. Souvenirs de cette petite troupe d’amis des années lycée… Et d’une personne en particulier. Souvenir qui m’est très cher… Elle était ma colocataire d’internat. Nous avons passé un peu plus d’un an et demi dans la même chambre… D’un an ma cadette cette jeune demoiselle était pétillante, passionnée, tellement étonnante ! Nous partagions de nombreux moments de complicité. Une chouette rencontre, une chouette époque. Elle aussi était "fan" du groupe. Alors en fin de Première, alors que je me rendais au concert des Elles avec une petite dizaine d’amis, je lui proposais de nous accompagner. Une très belle soirée, qui m’offre encore aujourd’hui de charmants souvenirs.
Puis l’année de la Terminale, je suis partie de l’internat, en cours d’année. Ma route s’est petit à petit éloignée de la sienne… jusqu’à ce que je parte un peu plus loin pour poursuivre mes études.
A l’époque, j’utilisais sur Internet le pseudonyme "fée atomique"… et mon message de répondeur de téléphone fixe était le suivant : "Ohé, ohé jolie petite française, dis-moi welcome avec ton corps (…)". J’avais oublié jusqu’à ces détails, avant qu’ils ne ressurgissent hier. Et je ris rien que de me les remémorer !
Puis ce fut le couperet. J’appris brutalement un soir que cette amie nous avait quittés…

Depuis, je ne peux plus écouter les Elles sans penser à elle. Et je souris. Je la revois, chanter Orthopédia jambe de bois à tue-tête dans notre chambrette d’internat. Mon cœur se serre… Une douce mélancolie, avec de grands élans de tristesse. Lorsque j’écoute les Elles – ce qui est de plus en plus rare – c’est à elle et seulement elle que je pense. Elle est là, avec moi. Et c’est toujours un moment particulier. Tendre, mais tellement déchirant…
Les Elles sont entrées dans ma vie, ancrées au plus profond… oscillant entre la joie et la tristesse… illustration de toute une époque de ma vie, de ce que j’ai été, ce que je suis et ce que je serai.
Une belle histoire.

Sebika

son blog : http://sebika.wordpress.com

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0